Un pays d’Europe où le train reste une promesse plus qu’une réalité : l’Albanie intrigue, détonne, ne s’apprivoise pas sur un simple coup de sifflet. Le pass Interrail, symbole d’une mobilité européenne étendue, ne couvre pas uniformément l’ensemble du continent. L’Albanie, longtemps absente des grands réseaux internationaux, figure parmi les pays dont la desserte ferroviaire reste marginale, voire méconnue. Les horaires irréguliers, la vétusté des infrastructures et les fréquences limitées compliquent la planification d’un trajet.Pourtant, certaines liaisons intérieures existent toujours, desservant Tirana, Durrës ou Elbasan. Les voyageurs cherchant à intégrer l’Albanie à leur parcours européen doivent composer avec des correspondances spécifiques, des alternatives routières et une connaissance précise du fonctionnement du réseau local.
Voyager en Albanie en train : état des lieux du réseau ferroviaire
Le réseau ferroviaire albanais reste discret, presque confidentiel. Contrairement à ses voisins, l’Albanie ne figure pas sur la carte du pass Interrail. Les trajets en train s’y résument à quelques lignes d’un autre temps, reliant essentiellement Tirana, Durrës ou Shkodër. La ponctualité n’est pas au rendez-vous et les liaisons régulières sont loin d’être la norme. Quant aux sites majeurs comme Berat, Gjirokastër ou Butrint, tous trois classés au patrimoine mondial de l’UNESCO,, ils échappent tout simplement au passage du train. Pour découvrir la riviera albanaise, explorer Vlora ou rejoindre Saranda, mieux vaut se tourner vers le bus ou la voiture que miser sur les rails. Pourtant le train, quand il s’y aventure, offre des panoramas sur montagnes et lacs, et permet d’atteindre quelques joyaux naturels comme le Lac Koman (relais en ferry), le parc national de Llogara ou les reliefs sauvages des Alpes albanaises. Pour explorer les sites les plus marquants, les voyageurs avisés alternent donc les modes de transport. Voici un aperçu des lieux qu’il est possible d’atteindre en combinant train, bus et autres alternatives :
- Pogradec et le lac d’Ohrid, tout près de la frontière macédonienne ;
- le site remarquable de Syri i Kaltër (l’Œil Bleu) près de Gjirokastër ;
- les citadelles historiques de Krujë et Berat.
En somme, la couverture ferroviaire demeure parcellaire : découvrir l’Albanie sur rails exige patience et souplesse. Pour accéder aux trésors cachés ou aux sites incontournables, il faut savoir passer facilement du bus à la voiture, et souvent conjuguer plusieurs options pour ne rien manquer.
Quels types de trains, sièges et services attendre sur place ?
Ici, le matériel roulant garde les marques d’un passé socialiste. On ne trouve pas de train à grande vitesse ni d’écrans digitaux. Les wagons sont robustes, cabossés parfois, mais tenaces : ventilation naturelle par fenêtre entrouverte, vastes banquettes en skaï. On avance tout doucement, on savoure le paysage vallonné, on prend la pleine mesure du voyage. La réservation de siège n’existe pas, on monte simplement à bord. Les horaires fluctuent d’un jour sur l’autre, le confort reste rudimentaire avec des sièges rigides, des prises absentes et des toilettes parfois hasardeuses. Pas de wagon-restaurant, ni de wifi à l’horizon. Mais là où le train mise tout, c’est sur l’échange direct : discussions spontanées, conseils prodigués, sourires partagés entre voyageurs et habitués.
| Type de train | Sièges | Services |
|---|---|---|
| Train classique | Banquettes rigides, disposition simple | Toilettes, aucune restauration, pas de wifi |
Prendre le train devient alors un parti pris : traverser des champs d’oliviers, longer des villages coupés du temps, prendre le pari d’une exploration sans hâte. Ici, le luxe, c’est la lenteur et la convivialité.
Les meilleurs itinéraires Interrail pour explorer l’Albanie et ses environs
Sur la carte des trajets Interrail, l’Albanie forme un angle mort. Mais ce détail ne dissuade pas les curieux : le Pass Interrail permet de parcourir facilement les pays voisins, puis de passer en Albanie par la route ou par la mer. Tirana s’impose alors comme premier point de chute pour des parcours où se mêlent rails et routes. Pour bâtir un parcours fluide, mieux vaut préparer ses correspondances via le Monténégro, la Macédoine du Nord ou encore la Grèce. Depuis Podgorica, Skopje ou Thessalonique, bus et minibus prennent le relais jusque Tirana ou Durrës. Ceux qui veulent en prendre plein les yeux privilégient la traversée ferroviaire des Balkans, puis descendent en Albanie par le nord. Découvrir les villes comme Shkodër, Berat ou Gjirokastër va de pair avec la visite des sites inscrits au patrimoine mondial. Un détour par Butrint ou un stop à Saranda permet de respirer l’air marin et goûter à l’ambiance du littoral.
Quelques options d’itinéraires appréciées des voyageurs permettent de varier les plaisirs :
- Belgrade-Bar : une traversée ferroviaire spectaculaire jusqu’au Monténégro, avant de basculer en Albanie.
- Sofia-Plovdiv ou Skopje-Pristina : pour arpenter la région balkanique sur plusieurs lignes avant l’arrivée en Albanie.
- Ferries entre l’Italie et Durrës : la solution maritime proposée dans certaines offres Interrail.
Le Global Pass Interrail permet de combiner souplesse et liberté selon les frontières et le calendrier du voyageur : il autorise certains jours en illimité, des réductions sur les traversées maritimes ou les nuits d’hôtel. L’itinéraire se dessine sur mesure, au fil des bus et de l’envie.
Conseils pratiques pour profiter pleinement de votre aventure ferroviaire
Préparer chaque tronçon de votre voyage Interrail en Albanie et dans les Balkans fait toute la différence. Les trains s’arrêtent souvent aux frontières, il est donc courant d’enchaîner en bus, minibus ou de louer une voiture. L’occasion rêvée d’épouser le rythme du pays, où le voyage lent retrouve tout son sens. Gardez toujours une réserve de lek, la monnaie locale, même si l’euro circule facilement dans les principales villes. Les paiements électroniques gagnent du terrain, mais dans les campagnes, le cash reste la règle. N’oubliez jamais vos papiers, carte d’identité ou passeport, les contrôles peuvent se multiplier à l’approche des frontières. L’accueil fait partie de l’expérience : demander son chemin, se voir offrir un byrek ou partager un café en gare sont autant de prétextes à la rencontre. Accordez-vous du temps pour visiter les joyaux classés à l’UNESCO, préparez-vous à jongler avec les ajustements d’horaires, et laissez une place à l’improvisation, là où se cachent souvent les meilleures surprises. Pour plus de confort, réservez à l’avance vos trains dans les pays voisins, surtout lors des pics d’affluence. Osez aussi les trajets de nuit en train ou en ferry, ils allègent le budget logement tout en ajoutant une dimension aventureuse à l’itinéraire.
En Albanie, le train n’a rien d’une course contre la montre. Il invite à ralentir, échanger, observer, et parfois, à se demander ce que le rail réserve derrière le prochain virage.


