La Chine aborde le troisième tour des éliminatoires asiatiques pour la Coupe du monde avec un défi de taille d’entrée : affronter l’Australie ce vendredi. Initialement prévu sur le sol australien, le match a finalement été déplacé au Qatar, conséquence directe des protocoles sanitaires stricts qui auraient imposé quatorze jours d’isolement à la délégation chinoise. Six ans après leur dernière confrontation, un quart de finale de Coupe d’Asie remporté 2-0 par les Socceroos à domicile, les deux équipes se retrouvent à nouveau, cette fois loin de leurs bases.
Ce rendez-vous est sans contestation le test le plus relevé pour Lǐ Tiě depuis qu’il a pris les rênes de la sélection nationale, au beau milieu du précédent cycle qualificatif. En reprenant la main après le départ précipité de Marcelo Lippi, Li Tie a redonné de la confiance à un groupe qui se cherchait, notamment après une défaite contre la Syrie, une équipe privée de matchs à domicile depuis plus d’une décennie, et un score nul frustrant contre les Philippines. Le nouvel entraîneur n’a pas seulement stabilisé le navire : il a réinsufflé un élan, une dynamique qui s’est traduite par des résultats concrets.
L’enjeu est limpide. Prendre l’une des deux premières places du groupe ouvrirait la porte d’une qualification directe pour le Qatar l’an prochain. Finir troisième, en revanche, forcerait la Chine à passer par un quatrième tour couperet, suivi d’un barrage intercontinental. L’opposition s’annonce dense : Japon, Australie, Arabie saoudite, Oman et Vietnam. Pour espérer sortir du lot, chaque point va compter.
Face à ces adversaires, la Chine vise d’abord des victoires pleines contre Oman et le Vietnam. Sur le papier, la tâche paraît accessible, même si rien n’est jamais joué d’avance à ce niveau. L’Arabie saoudite, invaincue lors des huit rencontres du deuxième tour, représente un obstacle sérieux, mais Li Tie mise sur le talent de Wu Lei et Elkeson (connu localement sous le nom d’Ài Kèsēn) pour faire la différence dans les moments clés.
Le Japon et l’Australie, eux, font figure de têtes d’affiche. Les Socceroos n’affichent peut-être plus la flamboyance d’antan, époque Tim Cahill ou Mark Viduka, mais ils restent efficaces : huit victoires sur les huit derniers matchs. Si la star planétaire manque à l’appel, la sélection pioche toujours dans les effectifs européens, à l’image d’Ajdin Hrustic (Eintracht Francfort) ou Mathew Ryan (Real Sociedad).
Pour la Chine, la clé résidera dans la discipline tactique et la cohésion. Le temps passé ensemble ces derniers mois pourrait faire la différence face à une Australie dont les joueurs, dispersés aux quatre coins du globe, manquent parfois d’automatismes collectifs. C’est là que le groupe de Li Tie doit tirer son épingle du jeu.
Accrocher ne serait-ce qu’un point face à l’Australie constituerait déjà un signal fort, d’autant que le Japon attend la semaine suivante. La route s’annonce longue, mais la dynamique chinoise intrigue, et la suite du parcours sera scrutée de près.
Les 20 médailles d’or chinoises illuminent les Jeux paralympiques
Zhou Xia et ses compatriotes n’ont laissé que des miettes à la concurrence lors de la première semaine des Jeux paralympiques de Tokyo. Contrairement à la délégation olympique, l’équipe paralympique chinoise s’est illustrée dans presque toutes les disciplines, n’étant absente que du rugby fauteuil et de l’équitation. Avec la plus large délégation engagée à l’international, la Chine occupe le haut du classement, notamment en athlétisme, où elle a déjà décroché onze médailles d’or, loin devant la concurrence brésilienne.
Sur la piste du stade olympique, le nom de Zhōu Xiá a marqué les esprits : à 22 ans, elle s’offre l’or sur le 100 m T35 féminin (catégorie des troubles de la coordination), au terme d’une course haletante face à l’Australienne Isis Holt. Nouveau record du monde à la clé, 0,43 seconde de mieux que l’ancienne référence, et une victoire en 13 secondes nettes.
Le parcours n’est pas sans accroc : Wang Hao, porte-drapeau de la délégation, échoue au pied du podium sur le 100 m T47 masculin, catégorie réservée aux athlètes amputés du bras ou de l’avant-bras, malgré un nouveau record d’Asie. Son épreuve de prédilection, le saut en longueur, se profile toutefois à l’horizon. L’histoire n’est peut-être pas terminée pour lui.
L’escrime fauteuil s’impose comme la discipline fétiche de la Chine. Onze médailles d’or, contre seulement deux pour la Russie, témoignent de la domination sans partage des Chinois. Tan Shumei s’est distinguée en coiffant trois titres : l’épée, le sabre et l’épreuve par équipes à l’épée. Une performance qui la place au sommet de sa spécialité.
Alors que la compétition entre dans sa dernière ligne droite, la Chine vise désormais à s’approcher, voire à dépasser, les 107 médailles d’or glanées à Rio cinq ans plus tôt. Les prochaines finales de badminton, d’aviron, de natation et de tir pourraient encore enrichir le tableau de chasse chinois.
Dimanche, les Jeux s’achèveront avec la cérémonie de clôture. Mais déjà, la performance chinoise invite à regarder plus loin : jusqu’où cette génération saura-t-elle repousser ses propres limites ?
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